Printemps – Michèle Ruffin

PRINTEMPS

L’éléphant redresse la tête
Ses pensées riment avec fête
Derrière lui toutes défaites
Prêt, là, à de nouvelles quêtes.

Dans son esprit la vie lui sourit.
Enfuit, fini, le long tunnel gris !
Dans l’instant, tout lui semble permis
Fi ! grisaille, froidure, ennui…

Son gris regard ambre d’éléphant
Lui paraît soudain bien différent
Il voit tout plus lumineux, plus grand
Il ne perçoit plus rien comme avant.

Il déploie lentement ses oreilles
Entend un chant, plus rien n’est pareil
Jusqu’au bourdonnement de l’abeille
De quel sommeil il se réveille ?

L’éléphant est sottement heureux.
Il se ressent tellement mieux
Y aurait-il maintenant un Dieu
Qui lui serait miséricordieux ?

Tout ce temps maussade à douter
Tant de jours à ruminer, chercher
Sans ombre de réponse trouver
Et ce matin, enfin, émerger.

Instant magique, d’un coup, sans bruit
Les pensées automnales sont parties.
Étonné, il renaît à sa vie
A la vie qui, ici, lui sourit.

Le soleil et plus rien n’est pareil
Tout, absolument tout, l’émerveille
Passer l’hiver valait la peine
Il se perçoit serein, en veine.

« C’est le printemps » entend l’éléphant
« Le changement rituel du temps
Mars, Avril t’attendent au tournant
Tu ne peux te présumer gagnant. »

Mais malgré le sifflement moqueur
qu’il connaît heureusement par cœur
l’éléphant placide est songeur
Au printemps c’est la fin des malheurs.

© Michèle Ruffin – États d’âme « Printemps » – JANVIER 2002

« C’est le printemps » entend l’éléphant » Le changement rituel du temps Mars, Avril t’attendent au tournant…

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