Revers de verre

Après ce pervers revers sur la route du verre

Eléphant Gris un peu vert persévère…

il ne faut pas être trop sévère,
il erre, espère,
cherche des repères
du verre naîtra le verre !

Dans sa quête du travail sur verre recyclé,
il a déjà compris que le verre de bouteille fond a une température plus basse que des verres « neuf » ou de meilleure qualité.

Anne ma sœur Anne… au secours

ce qui ne veut pas dire que le verre à bouteille soit plus facile à travailler que du « bon » verre ; le verre ça se ramolli progressivement en fonction de la composition du verre…
Il semblerait que les verres n’ont pas de point de fusion précis ;
les verres ordinaires (bouteilles, flacons), se ramollissent à partir de 550 à 600°C.
mais plus le verre est riche en silice plus la température sera élevée, soit au minimum 750°
Le premier essai sur verre recyclé étant monté jusqu’à 830°,
il est clair qu’ un problème est né… mais avec la terre, un petit 1250° n’étant pas un souci cette courbe de température pouvait sembler correcte…

On se console et on répète :
« On ne s’improvise pas verrier »
et
« Qui ne tente rien, n’a rien »
🙂
Il a été dit que « C’est en se lançant dans l’expérimentation qu’on fait de merveilleuses découvertes, qui sortent de l’ordinaire et du déjà-vu. Tous les plus grands créateurs sont des aventuriers.« , alors Eléphant Gris croise les pattes…

Donc on ne se décourage pas, on se motive et on recommence, en révisant ses températures
les bouteilles de verre de vin sont produites à partir d’un verre sodocalcique, le plus commun des verres sensible aux chocs thermiques et utilisé en bouteillerie.

Je remets donc ma bouteille dans mon four froid et je monte mon four en température le plus rapidement jusqu’à 700°,
arrivé à ce premier palier, avec l’espoir que le verre sera suffisamment pâteux pour s’affaisser un peu et pas trop, puis laisse mon four descendre à 532°, palier que je maintiens 50mn.
pour supprimer les tensions qui auraient pu apparaître pendant la descente.
puis
troisième étape,
je laisse refroidir le four jusqu’à la température ambiante.

Et le moins que l’on puisse dire,
c’est que ce n’est pas gagné,
mais…
il y a de l’espoir !


Après
les
essais
précédents
inspirés des

courbes de température du verre
données ici

830°/550°2H30/450°2H30 trop chaud,

550°32mn / 420°10mn rien n’a bougé,

700°/532°50mn
est un moindre mal

pour les verriers en herbe comme moi d’autres recettes sur le verre de bouteilles sont données ici, et
un convertisseur degré(s) Fahrenheit en degré(s) Celsius ici

bien entendu, il aura fallu que je tombe sur ces sites après mes premiers essais… dommage, cela m’aurait évité quelques tracas

la patience d’ Eléphant Gris est de notoriété publique 🙂

Maintenant,
il me faut penser à mieux protéger mon four,
pleurer chez l’homme pour qu’il regarde si les dégâts sont importants,
dessiner, puis travailler mes moules ou supports pour créer « mon objet recyclé »
ajuster la température de ma courbe de température : quelques degrés de + ne seront pas superflus
et trouver un spray antidévitrificateur (borax, borate de sodium) … de façon à ce que mes jeux de verre recyclé offre réellement une deuxième vie à mes bouteilles de verre
pour que
tel le phœnix
du verre renaisse le verre !

A l’heure, où il est préconisé d’économiser l’énergie
ces essais devront attendre un peu,
chauffer mon atelier par ses températures relève du délire, y travailler la terre aussi quant à lancer un four alors que certains n’ont plus d’électricité ne me semble pour l’heure pas très citoyen, donc, on attendra un peu…

Vers du verre

Le premier four 2012 sera un four de verre
mes différents stages chez Anne m’ont donné le virus et en attendant d’y retourner, je n’ai pu résister à l’expérience de l’essai d’une cuisson de verre en amateur avec les moyens du bord…

Après des recherches sur la toile de courbes de température,
différentes pour chaque type de verre et chaque épaisseur de verre,
quelques savants calculs
(la température des cuissons est variable suivant les épaisseurs des verres)
et
malgré ce grain de folie qui me poursuit,
je me lance.
un handicap mon four n’est pas un four de thermoformage ou fusing et mon programmateur ne me permet pas de réaliser les 6 paliers projetés, il va donc me falloir ne pas trop m’éloigner de mon four pour le guider manuellement.

Il est 13h40, c’est parti pour ma première cuisson verre…
Aurai je encore un four après 🙂
je ne tiens plus en place
j’ai trouvé un nouveau jeu….


Car si mon essai fonctionne,
une porte pourra s’ouvrir pour de nouvelles aventures,
dans un esprit récupération, j’ai un projet recyclage à partir du détournement de bouteilles travaillées à plat qui pourrait alors être exploité….
mais attendons la suite…
en attendant je rêve sur l’autre vie des bouteilles…. clic

Il me faut vérifier ma montée en température,
j’aimerai atteindre 520° en une heure,
mon four tiendra t il le challenge ou est il trop faible….
attendre
que c’est long une heure, 60 mn…. il est des moments où l’espace temps semble immobile….

14H03, mon four semble répondre au challenge, il est déjà à 230° (il est parti de -1 car il gèle en Alsace)
14H25 : 359° encore 11mn pour atteindre le premier pallier soit 520°
14H40 : 431° une heure de passée…. ma montée en température est un peu lente puisque 100° en dessous de la température souhaitée… pour le premier palier.
15H : 477°
deux heures après son lancement mon four est enfin à 570°, en route vers le 2e palier soit 830°….
16H : 659°
17h : 784°

17h25 : 830° on laisse redescendre en température jusqu’à 531° pour le 3e palier…

19H Troisième palier ou je vais maintenir la température de 531° pendant 2H30

21h30 Laisser tomber la température à 450°, et pour ce quatrième palier, dernière re-programmation de mon four pour encore une fois encore maintenir le four 2H30 à 450°, le processus de refroidissement est important parait il…

Puis on laissera faire les choses jusqu’à refroidissement complet du four, jusqu’à température ambiante
(le défournement des pièces ne peut se faire qu’à partir de moins de 80°).

On a laissé passer la nuit…
Ce matin, 2 février, fête de la chandeleur,
à l’extérieur les températures annoncées sont à -9 avec un ressenti de -20…
Je vais braver ce froid pour aller de mon chez moi chauffé vers mon glacial atelier pour me rendre compte qu’il est encore à 162°… attendre, encore attendre pour savoir…. à 10H encore 137°…. à 12h 108°
et quand enfin,
vers 15h30
mon four est à température
ou
je peux l’ouvrir

il me convient de reconnaître
qu’on ne s’improvise pas verrier 🙂

il va me falloir revoir mes courbes de température car à première vu mon verre a eu chaud… et pourtant j’étais loin des 1250° que je donne à ma terre !
consolation : mon séparateur était efficace donc aucun dégât !
Si vous cherchez la désillusion, n’hésitez pas à suivre ce « tutoriel » à la lettre…

Une technique à trouver, une recherche à l’instinct ou l’envie, tant que les formules ne viendront pas remplacer le jeu ou la magie de l’essai, le travail du verre recyclé laisse au facteur hasard, entre la déformation et le ramollissement, une belle place permettant de laisser une marge de manœuvre sympathique pour laisser son empreinte dans un monde où les artistes ne manquent pas.